lundi 23 août 2010

L'espoir économique. Vers la révolution du quaternaire par Michèle Debonneuil

Inspectrice Générale des Finances, Michèle DEBONNEUIL est spécialiste en Compétitivité ; Productivité et Emploi ; Inégalités ; Services à la personne.
 
Membre du Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale (CERC) du Conseil économique pour le développement durable (CEDD) et du Conseil d’orientation de France Investissement, elle a publié "L’espoir économique, vers la révolution du quaternaire ", Bourin éditeur, en 2007, et le rapport "L’économie quaternaire : une croissance durable à construire " en janvier 2010, pour le gouvernement.


L'espoir économique. Vers la révolution du quaternaire, par Michèle Debonneuil
éd. Bourin , 2007, 144 p., 16 euros 


"C'est une véritable révolution que nous promet l'économiste Michèle Debonneuil: après l'ère du secteur primaire (production de biens agricoles), puis celle du secondaire (production de biens industriels) et celle du tertiaire (production de services), nous devrions entrer dans l'ère du quaternaire, qui produira des services intégrant des biens.
Ainsi, le consommateur du quaternaire ne se contentera plus d'acheter, par exemple, un équipement hi-fi: il préférera s'abonner à un service qui lui permettra de disposer du matériel hi-fi qu'on lui aura conseillé, qu'on lui installera, qu'on lui apprendra à utiliser et qui sera dépanné ou changé si besoin.
Ces nouveaux types de produits offriront, selon l'auteur, un gisement considérable d'emplois. L'avènement du quaternaire permettra donc non seulement un retour au plein-emploi et à la croissance durable, mais offrira également aux pays développés un nouvel avantage comparatif face aux pays émergents, qui les concurrencent de plus en plus sur la production de biens et de certains services, mais qui seront moins à même de les suivre sur ces nouvelles productions.
On a plus de mal à suivre le raisonnement quand Michèle Debonneuil assure que l'ère du quaternaire réduira en outre les inégalités salariales entre travailleurs qualifiés et non qualifiés. En effet, pour que des consommateurs puissent acheter n'importe quel type de service, il faut que le coût de ce service, et donc le coût de la main-d'oeuvre qui le produit, soit inférieur à leur propre revenu: le système que nous propose l'auteur repose donc par nature sur des inégalités salariales. Mais l'enthousiasme de Michèle Debonneuil s'explique certainement par le fait qu'elle a été la principale inspiratrice du plan Borloo de développement des services à la personne, qui préfigure, selon elle, l'entrée dans l'économie du quaternaire.

Camille Dorival | Alternatives Economiques n° 259 - juin 2007"